Introduction à l'humanisme

Note importante; Les textes qui suivent sont traduits, avec permission, du site COHE (Continuum of humanist Education) et sont la propriété exclusive  de IHS (Institute for Humanist Studies)

Auteur: Matt Cherry


[Glossaire

Leçon 1 - 2

le glossaire du cours s'ouvre dans une fenêtre séparé 


Introduction à l’humanisme : Les prémices de l’histoire, de la philosophie et des buts de l’humanisme

Leçon 1 : un bref aperçu de la pensée humaniste









 

Conseil: Placer votre curseur au-dessus du mot "scepticisme" pour en voir  instantanément la définition. Vous retrouverez tous ces mots dans le glossaire.

L'humanisme est une appellation relativement nouvelle pour une philosophie très ancienne. Les principes de base de l'humanisme, le scepticisme des affirmations fondées sur la foi au surnaturel et l'emphase sur une vie basée sur l'éthique éthique et le rejet des religions, ont été adoptés par un large éventail de penseurs d'un grand nombre de cultures différentes sur des milliers d'années. Mais ce n'est qu'à partir du début du 20e siècle que le mot « humanisme » sert à désigner cette vision du monde.


Des éléments de la pensée humaniste se retrouvent à plusieurs endroits de l'histoire humaine. De la même façon que les croyances dans les dieux et le surnaturel ont toujours eu des adeptes, il s'est trouvé également des sceptiques pour douter de l'existence des dieux et tenter d'expliquer notre monde uniquement par des causes naturelles. Les sociétés humaines ont aussi de tout temps développé des codes moraux et ceux-ci ont souvent été décrits en termes non-religieux.


Malheureusement le scepticisme religieux et la philosophie naturaliste (l'idée que notre monde peut être expliqué sans recours au surnaturel ) ont été de tout temps victimes de persécution. Les efforts pour développer une morale humaniste ont souvent fait l'objet d'attaque de la part de l'orthodoxie religieuse qui considère cette tendance comme une menace. À cause de cela l'expression publique des idéaux humanistes a souvent été étouffée et ouvertement combattu et par conséquent ces idées ont été longtemps exprimées en privé ou en cachette.  


Malgré tout on peut trouver des traces de la pensée humaniste dans différentes cultures et ce sur des milliers d'années. Ces récits sont souvent incomplets et parfois la meilleure façon de constater la présence de la pensée humaniste dans une époque donnée demeure les critiques que des apologistes de l'orthodoxie religieuse du temps en ont fait. Un exemple intéressant encore cité de nos jours est dans l'ancien testament (voir le psaume 14 « l'insensé dit en son coeur : il n'y a point de Dieu! ». Cette insulte suggère que même dans la société juive à l'âge de bronze, il y avait suffisamment d'athées pour que l'auteur des psaumes se sente justifié de les attaquer!).  

 

La tradition humaniste a survécu sous une forme ou une autre suffisamment longtemps pour contribuer au développement de la philosophie humaniste du 20e siècle. Cette tradition humaniste englobe les maîtres des mouvements philosophiques de la Chine et de l'Inde antique durant la période se situant entre 3,000 et 4,000 ans avant notre ère

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La tradition humaniste dans l’ancienne Asie

L'humanisme de Bouddha

Bouddha

Plusieurs érudits soutiennent que le Bouddha, vers la fin du 6e siècle ANE était un penseur naturaliste et humaniste. Mais les écoles de pensée bouddhistes qui se sont développées après sa mort ont dilués son message en intégrant le surnaturel que l’on retrouve dans les religions de l’Asie du sud.


Le Bouddha a certainement fait état de pensées naturalistes et humanistes. C’est particulièrement évident dans la littérature Pali que l’on considère généralement comme les premiers écrits du Bouddha. Par exemple le Bouddha rejetait la doctrine de l’immortalité de l’âme en écrivant ce qui suit « Comme l’âme et ce qui appartient à l’âme ne peut vraiment en vérité exister, de penser que moi qui suis « monde », qui suis « âme » puisse vivre éternellement, sans jamais changer en supportant éternellement, n’est ce pas là une sotte doctrine? »

L'humanisme a souvent été dépeint comme une invention occidentale, mais en fait elle trouve son origine dans des cultures diverses partout dans le monde. L'Inde et la Chine, pour ne citer que ceux-là ont une riche tradition de philosophes naturalistes et humanistes qui remontent au moins à 3,000 ans.


Le mouvement Lokayata qui a émergé en Inde aux environs de l'an 1000 ANE , critiquait la religion Hindou de cette époque et prônait une philosophie naturaliste de l'explication de l'univers. 400 ans plus tard, au 6e siècle avant notre ère, Un penseur indien Charvaka inspira un mouvement qui prêchait une philosophie morale centrée sur l'être humain : dans le poème épique Hindou le « Mahabharata » un adepte de Charvaka est mis à mort pour avoir critiqué les penchants guerriers du roi!


Les philosophes chinois du 6e siècle avant notre ère, ont également développé une éthique humaniste et une philosophie fondée en grande partie sur le scepticisme envers le surnaturel . Leurs critiques des croyances du temps était souvent sournoises. Par exemple, le grand maître Taoïste Lao Tse (milieu du 6e siècle ANE ) exprimait ainsi son scepticisme des explications surnaturelles; « si les éclairs sont un signe de la colère des dieux, alors les dieux se préoccupent surtout des arbres. »


Les philosophes chinois de cette époque enseignaient que l'on ne pouvait rien connaitre du royaume spirituel sans toutefois nier qu'il puisse exister. Cet agnosticisme envers le surnaturel les conduisait vers des conclusions humanistes. Ces grands penseurs du 6e siècle ANE prétendaient qu'étant donné que les humains n'avaient aucun moyen de connaitre quoi que ce soit du surnaturel ,  par conséquent on ne pouvait pas s'en réclamer comme fondement de la morale. Ils soutenaient que la meilleure base d'une moralité demeurait la connaissance du monde naturel, de la nature humaine et de la société.


Le plus célèbre de ces penseurs fut certainement Confucius. Les disciples de Confucius essayèrent de remplacer les croyances religieuses par une éthique fondée sur la famille et la société. Le confucianisme met l'accent sur la bienveillance, le respect de son prochain et la réciprocité comme fondement de l'ordre social. Un premier énoncé de la « Règle d'or » de l'éthique apparait dans « les entretiens » (écrits) de Confucius; « ne faites pas aux autres ce que vous n'aimeriez pas qu'on vous fasse ».


Les confucianistes ignoraient le domaine du spirituel pour faire la promotion d'une vision terre-à-terre de l'existence qui rendait les dieux inutiles. D'après la légende lorsqu'on demandait à Confucius comment servir les esprits et les fantômes il répondait « si vous êtes incapables de servir les hommes, comment pouvez-vous servir un esprit? »

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La Grèce et la Rome classique

Durant le 5e et 6e siècle ANE , la Grèce antique fut le témoin d’une éruption de culture qui transformera à jamais la civilisation humaine. Plusieurs des plus grands penseurs, philosophes , historiens, dramaturges et hommes d’états vécurent à Athènes et d’autres cités grecques sur une période de trois à quatre générations. Cette explosion de connaissances humaines allait à jamais transformer le monde dans lequel nous vivons.Grece


La Grèce classique était extraordinaire de biens des façons. Sa culture et son art eurent une influence aussi grande que sa philosophie et son système politique. Dans toutes ces facettes la culture Grecque est remarquable pour son attention à l’élément humain. Que ce soit dans les statues faisant les louanges du corps humain, dans des pièces de théâtre dépeignant la condition humaine, la création des premières démocraties ou une philosophie reconnaissant que « l’homme est la mesure de toutes choses ». La culture Grecque célèbrera l’humanité.


Tout comme les philosophes chinois de la même période, les philosophes grecs du 6e siècle avant notre ère ne niaient pas l’existence des dieux, mais prétendaient qu’ils était impossible de les connaitre et en conséquence ils étaient hors de propos. En accord avec ce principe leur recherche de la connaissance et leur moralité faisait référence à l’humain et non au divin.


Cette préoccupation se reflète dans les écrits de Protagoras (481-411 ANE ). Dans son ouvrage « Le traité des dieux »  Protagoras écrivait « À propos des dieux, je n’ai aucun moyen de savoir s’ils existent ou non ou à quoi ils ressemblent. Plusieurs choses m’empêchent de savoir, entre autres le fait qu’on ne les voit jamais et aussi la brièveté de la vie humaine » Protagoras est également l’auteur de cette phrase associé depuis à la pensée humaniste, « L'homme est la mesure de toute chose: de celles qui sont, du fait qu’elles sont ; de celles qui ne sont pas, du fait qu’elles ne sont pas ». 

       

On croit que Protagoras a également développé le dialogue interrogatif comme moyen de chercher la vérité. Mais cette méthode est surtout associée à Socrate (469-399). La méthode Socratique   peut être considérée profondément humaniste de la façon dont elle fait la promotion d’un dialogue ouvert sans contrainte pour chacune des parties. Les grands prophètes religieux à travers l’histoire avaient la prétention de révéler « la vérité divine » et des commandements absolus. Socrate, au contraire, est célèbre pour avoir affirmé qu’il ne savait rien et ne proposait pas de réponses mais une méthode de questionnement

Enseigner à l'humanité

Peut-être la plus grande contribution des anciens Grecs à la culture mondiale demeure l’idée que l’excellence humaine puisse être enseignée. Les Grecs sont les créateurs du concept « d’éducation libérale », qu’ils considéraient comme le meilleur moyen de façonner l’être humain pour qu’il puisse atteindre son plein potentiel. Au cœur du concept Grec d’éducation libérale était un programme de matières incluant la philosophie, la logique, la rhétorique, la grammaire, les mathématiques, l’astronomie, la littérature et le drame. Les Grecs avaient un nom pour ce programme paideia. Les Romains firent de paideia la base de leur système d’éducation, traduisant paideia par le latin Studia Humanitas (l’étude des humanités).


Les érudits de la Renaissance qui réinventèrent la Studia humanitas , presque mille ans après la chute de Rome, adoptèrent le qualificatif « humanistes ». L’appellation moderne « humanisme » tire son origine du latin Humanitas.



D’autres écoles philosophiques naturalistes, tel Aristote (les atomistes ) et les stoïciens développèrent leurs idées sur la nature et l’humanité et leur influence est toujours ressentie dans la pensée humaniste moderne. Le penseur qui est sans doute le plus près des idées et des dispositions de l’humanisme moderne est Épicure (341 – 271 ANE ).

Adoptant la pensée matérialiste des Atomistes , Épicure raisonnait que tout dans l’univers était ultimement composé d’atomes et que toutes connaissances venait de nos sens. Épicure enseignait également que deux choses empêchent les humains d’être heureux; la peur des dieux et la peur de l’au-delà. Mais la philosophie matérialiste des Atomistes libérait de la peur du surnaturel et de la mort. La mort signifie l’anéantissement pour l’individu, parce que le cerveau (ou l’âme) est composé d’atomes qui se dispersent à la mort. La doctrine d'Épicure peut être résumée par ce que les épicuriens ont appelé le tetrapharmakos (quadruple-remède), qui fut formulé ainsi 

  • on ne doit pas craindre les dieux.
  • on ne doit pas craindre la mort.
  • le bien est facile à atteindre.
  • le mal peut être supporté.

Épicure a décrit la philosophie comme étant « l'art d'être heureux ». Il enseignait que la nature et la raison nous apprennent que le plaisir est le seul bien et la douleur le seul mal. Mais contrairement à la légende, les épicuriens ne prêchaient pas la complaisance dans les plaisirs sensuels. Une approche hédoniste peut apporter une satisfaction temporaire, mais on devrait les éviter s'ils nous apportent de la souffrance à long terme.

Les épicuriens donc, plaidaient la modération et l'équilibre dans chaque aspect de la vie. Dans un des rares écrits d'Épicure qui a survécu dans sa « lettre à Menoeceus » il écrivit, « il est impossible de vivre heureux sans vivre sagement, vertueusement et en étant juste, tout comme nous ne pouvons pas vivre sagement, vertueusement et avec justice sans vivre heureux.».

Pendant les 700 ans de l'âge d'or de la Grèce et de Rome, la philosophie humaniste d'Épicure fut un modèle respecté et populaire pour une vie saine. Mais avec l'avènement de la nouvelle religion Chrétienne et le déclin de Rome, l'influence des penseurs non-chrétiens disparut ou fut détruite graduellement en occident. L'Europe entra dans la grande noirceur. Lorsque la connaissance de ces penseurs refit surface durant la période médiévale, celle-ci fut sévèrement réprimée par l'épiscopat chrétien. C'est dans les bibliothèques du monde musulman que les travaux de ces grands philosophes classiques survécurent. Ce ne fut qu'au 15e siècle que les écrits de ces philosophes furent réintroduits en Europe durant la période dite de « la Renaissance ».

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La Renaissance et les débuts de la science.   
Le télescope de Galilée

La Renaissance trouve son origine dans les efforts d'un mouvement pour retrouver les sources de la gloire intellectuelle du monde antique, mais finit ultimement par transformer le monde moderne. La Renaissance réfère à la période européenne se situant vers la fin du 14e siècle jusqu'au début du 17e. Cette période de recherche intellectuelle intense est souvent référée par l'appellation « l'humanisme de la Renaissance . »

« L'humanisme de la Renaissance » marque la transition entre le surnaturalisme médiéval et l'approche scientifique, moderne et séculière. Même si l'humanisme moderne doit beaucoup à l'humanisme de la Renaissance , il y a des distinctions importantes entre les deux formes d'humanisme. Les humanistes contemporains ne croient pas en l'existence de dieu ou au surnaturel , alors que la majorité des humanistes de la Renaissance étaient des croyants pour la plupart au dieu chrétien traditionnel. Ce que les deux humanismes ont en commun est une préoccupation envers les problèmes du monde et une conscience de la « dignité humaine » et de la nécessité de développer le potentiel humain.

À mesure que la Renaissance progressait, ses penseurs devenaient de plus en plus sceptiques envers les dogmes religieux médiévaux. La réponse du clergé à ces nouvelles idées fut souvent brutale. L'homme de science italien Giordano Bruno (1548-1600) défendit la vision de Copernic qui affirmait que la terre tournait autour du soleil, critiqua l'éthique chrétienne et plaida pour une plus grande tolérance envers les différentes croyances religieuses. En 1600 Bruno fut mis au bucher par l'inquisition pour avoir refusé de renier ces vues.

Galileo Galilei (1564-1642) aussi a eu à faire face au tribunal de l'inquisition pour avoir défendu la vision de Copernic d'une terre orbitant le soleil. Il échappa au bucher en renonçant publiquement à ses déclarations. Galilée peut vraiment être considéré comme le père de la science moderne. Ses nombreuses découvertes ont révolutionné la compréhension que l'être humain avait du cosmos. Il jeta les bases de la science en démontrant que l'observation, l'expérimentation et l'usage de mesures mathématiques précises sont les bases essentielles de la recherche scientifique et de notre connaissance du monde.

À la même époque que Galilée, le philosophe anglais Francis Bacon jetait les bases d'une science fondée sur le raisonnement et les preuves factuelles. Bacon n'était pas un grand homme de science comme Galilée, mais il joua néanmoins un grand rôle en définissant une approche empirique de la science. Bacon plaidait qu'en plus d'augmenter notre niveau de connaissances, la science pouvait être bénéfique au genre humain. Dans sont plus important ouvrage "Novum Organum" il affirma que l'humanité devait « se consacrer à la science pour que l'état de l'humanité puisse par le fait même être amélioré. »

C'est cet engagement pour l'étude scientifique de notre monde combiné à un sécularisme et à une individualité grandissante qui permit à la culture européenne d'engendrer le siècle « des lumières » au 18e siècle.

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L’âge des lumières

Kant et les lumières   


Emmanuel KantEn Allemagne, le philosophe Emmanuel Kant (1724-1804) transforma l'étude de la métaphysique et de l'éthique. Malgré qu'il fût lui-même un croyant, Kant proposa une base rationnelle à une moralité qui ne faisait aucunement appel à dieu ou au surnaturel .

Davantage connu pour ses définitions très denses et fouillé des problèmes métaphysiques, Kant publia un article de deux pages dans un mensuel qui demandait à ses lecteurs la réponse à la question « Qu'est-ce que les lumières ?» Son premier paragraphe mérite toujours d'être cité.

« Qu'est-ce que les lumières ? La sortie de l'homme de sa minorité dont il est lui-même responsable. Minorité, c'est-à-dire incapacité de se servir de son entendement (pouvoir de penser) sans la direction d'autrui, minorité dont il est lui-même responsable (faute) puisque la cause en réside non dans un défaut de l'entendement, mais dans un manque de décision et de courage de s'en servir sans la direction d'autrui. Sapere aude ! (Ose penser) Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des lumières . »

Quelle belle devise Sapere Aude! - Ose penser!

La période dites des « lumières » débuta au 17e siècle et connut son apogée au milieu du 18e. Elle marqua le passage de l'humanité de « l'âge de la foi » vers une période d'émergence du raisonnement, de la science et du respect pour l'être humain en général. Les penseurs des lumières croyaient que le raisonnement humain pouvait amener à la connaissance des lois naturelles de l'univers, déterminer les droits fondamentaux des humains et par conséquent entrainer un réel progrès pour la société par la technologie et par la compréhension du monde qui nous entoure.

Un stimulant majeur pour le siècle des lumières fut les découvertes scientifiques des lois universelles de la nature. Vers la fin des années 1600, grâce aux travaux entre autres de Copernic, Galilée et Newton des lois universelles furent établis en mécaniques (incluant la gravité) et en optiques. Les penseurs des lumières se concentrèrent sur l'accroissement du savoir et l'application de la méthode scientifique au service de l'humanité et de la société.

Même si la critique des dogmes religieux était toujours une entreprise périlleuse. Le scepticisme envers ceux-ci devint plus commun dans l'europe du 18e siècle, en partie grâce au développement d'une vue plus scientifique de l'univers. Le philosophe écossais, David Hume, exprima son scepticisme envers les miracles dans deux livres, la section X de "Enquête sur l'entendement humain" et sur la religion dans "Dialogues sur la religion naturelle" (bien que, prudemment, il s'assura que ces livres soient publiés après sa mort.)

Bien que quelques-unes des figures dominantes des lumières fussent des athées , alors que d'autres étaient chrétiens, la caractéristique la plus commune de la période des lumières fut le déisme . Les déistes croyaient en un « dieu de la nature » qui aurait créé l'univers et s'en serait désintéressé par la suite pour le laisser à lui-même. Le créateur « déiste » ne pouvait déroger aux lois de la nature. Le déisme rejetait donc l'idée d'un dieu intervenant dans les affaires humaines, répondant aux prières et communiquant par le biais de prophètes. Tout comme les anciens philosophes chinois et grecs qui affirmaient qu'on ne pouvait connaitre ni les dieux, ni le surnaturel et donc qu'on ne pouvait fonder une morale sur eux, les déistes croyait que l'éthique et la connaissance devait se fonder sur le raisonnement et les lois naturelles et non sur une révélation divine. Dans les faits il y a effectivement très peu de différences entre les déistes et les humanistes athées

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Les philosophes

Denis Diderot - encyclopédisteLa pensée des lumières fut défendue par un groupe de philosophes français qui sont devenus célèbres. Le fait d'armes principal de ce groupe d'érudit fut la création de l'encyclopédie. Le premier recueil de la connaissance humaine qui fut compilée entre 1751 et 1765 principalement par Denis Diderot avec l'aide d'autres philosophes tel que D'Alembert, Rousseau, La Mettrie, Helvétius et D'Holbach. L'Encyclopédie reflétait leur scepticisme envers la religion.

Un des penseurs politiques les plus influents des lumières fut Charles de Secondat, Baron de Montesquieu. Montesquieu développa le concept de l'état démocratique avec une « séparation des pouvoirs » appelé à garantir les libertés individuelles. Un autre célèbre philosophes fut Voltaire, célèbre pour ses croisades contre les injustices et sa critique cinglante de la chrétienté.

Les idées de ces philosophes influencèrent la révolution française surtout en ce qui concerne la sécularisation de la société et le républicanisme qui furent repris lors de la déclaration des droits de l'homme en 1789. Malheureusement l'intolérance et les excès de la révolution durant « la terreur » allaient à l'encontre des principes de bases des lumières qui défendaient les droits humains.

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La révolution américaine

De l'autre côté de l'atlantique, les leaders intellectuels des colonies américaines furent grandement influencés par la pensée des lumières . Plusieurs meneurs de la révolution américaine, Jefferson, Washington, Franklin, Madison et Paine furent attirés par ces nouvelles idées. Jefferson et Franklin entre autres vécurent quelques temps à Paris où ils fréquentèrent les salons des philosophes des lumières et absorbèrent leurs influences.

Déclaration des droits

Étant sceptique de l'autorité religieuse, ces meneurs de la révolution américaine, déistes et chrétiens réunis, croyaient qu'une séparation de l'église et de l'état était nécessaire pour garantir la liberté de conscience. Ils reprirent les idées de Montesquieu sur une séparation des pouvoirs entre les branches exécutive, législative et judiciaire du gouvernement pour s'assurer d'un système de balancier dans la nouvelle structure politique. Le principe des « libertés inaliénables - le droit à la vie, à la liberté et la poursuite du bonheur » sont des concepts tirés directement des lumières et furent au coeur de la révolution américaine et de la nouvelle constitution de même que le « Bill of Rights » et sont depuis parti intégrante du tissu américain. 


La révolution américaine peut être vue comme étant le dernier chapitre du siècle des lumières. Des idées qui furent un temps considéré comme une hérésie devinrent le fondement d'une nation fondée non sur la race ou la religion, mais sur la promesse de libertés et de droits individuels..

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Dans le monde moderne

En revenant sur l'histoire de la tradition humaniste et de ses précurseurs, nous constatons que ces idées existent depuis des millénaires, timidement d'abord durant des périodes dominées par la superstition et la soumission à l'autorité d'une minorité. Mais plus tard durant la période des lumières ces principes se déversèrent tel un torrent. La pensée humaniste, tel le rejet du surnaturel et la primauté de l'individu est devenue tellement répandue au point d'être presque un lieu commun, à tout le moins intellectuellement. Depuis les 19e et 20e siècles les idées humanistes sont débattues au grand jour et le débat prend de l'ampleur et se diversifie.


Cette brève récapitulation du développement de la pensée humaniste se termine donc avec l'avènement du siècle des lumières et la naissance d'un monde moderne fondé sur les valeurs humanistes de la science, des droits humains, de la laïcité et de la liberté de pensée. La prochaine étape dans le développement de l'humanisme décrira la création d'organisations humanistes

   

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L’humanisme structuré

Darwin et l’évolution 

evolutionLa théorie de l'évolution fut la dernière pièce du puzzle pour ceux qui postulaient une explication naturelle du monde et de la place de l'humain dans celui-ci. L'évolution nous démontre comment des êtres intelligents peuvent provenir d'un processus lui-même non dirigé par une intelligence. La théorie de l'évolution a d'abord été expliqué par Charles Darwin dans son ouvrage « L'origine des espèces par la sélection naturelle » en 1859. Cette découverte a galvanisé le monde scientifique et fait trembler les bases de la religion. Non seulement il a mis à mal les édits des livres religieux qui clamaient que toute forme de vie avait été créée par des dieux, mais en plus la théorie de l'évolution élimine le besoin de recourir à un créateur « intelligent » pour expliquer la complexité des formes de vie sur la terre.


La portée explicative de la théorie de Darwin fut rapidement accepté par la communauté scientifique. De nos jours même la religion catholique romaine accepte l'idée de l'évolution. Par contre, celle-ci rencontre une opposition féroce, bien organisée et financée par des groupes fondamentalistes chrétiens ainsi que musulmans surtout aux États-Unis et en Europe et dans une moindre mesure au Canada. (Un cours bientôt disponible ici l'évolution, le créationnisme et les fondements de la science) se penchera avec plus de détails sur ces questions


Certaines des anciennes écoles de pensées tels les épicuriens se retrouvaient dans des mouvements organisés. Ces groupes disparurent en même temps que le déclin et la chute de Rome et l'avènement de la chrétienté. Les organisations humanistes qui existent de nos jours ont été créées durant les deux derniers siècles.

Dans les sociétés occidentales dominées par un christianisme généralement appuyé ouvertement par l'état, il n'a pas toujours été facile de critiquer les dogmes religieux et encore moins de suggérer une vision du monde alternative. Historiquement cela a signifié que la philosophie humaniste s'est retrouvée occultée, ou exprimée en langage codé par un petit groupe d'initiés. Il existe des comptes rendus de sociétés secrètes d'athées et de libres-penseurs durant les 16e, 17e et 18e siècles, par exemple les francs-maçons. Les groupes partageant ces idées ne se sont pas exposés au grand jour avant le 19e siècle. L'expansion des groupes humanistes correspond généralement avec l'avènement d'une société civile et la venue de nombreux autres groupes se préoccupant d'idées et de causes spécifiques.


Les humanistes du 19e siècle ont utilisé un grand nombre d'appellation différente. Tel que;

•    Rationaliste
•    Libre-penseur;
•    Laïque (chez les francophones)
•    séculariste
•    athée
•    Non-confessionnel
•    Naturaliste
•    Positiviste (d’après les idées du sociologue Français Auguste Comte)
•    Agnostique (d’après le terme inventé par T.H. Huxley en 1870)
•  Éthicien (un mouvement mondial fondé à New-York en 1876 par Félix Adler)

Le terme « humaniste » ne fut pas couramment utilisé avant la publication du premier « manifeste humaniste » de 1933 (voir dans la leçon numéro deux; Manifestes et autres déclarations d'humanisme). L'appellation « d'humaniste » sert depuis, de façon générale, à désigner des personnes ou groupes non-théistes qui militent pour une amélioration de la condition humaine sans référence à des dieux ou au surnaturel . De plus en plus ces groupes se considérèrent neutre du point de vue religieux et comme une alternative éthique à la religion.

Après la seconde guerre mondiale, un groupe de militants principalement d'Angleterre, des Pays-Bas et des États-Unis se réunirent pour fonder la "International Humanist and Ethical Union" (IHEU). Un organisme de coordination regroupant des associations humanistes partout sur la planète (incluant l'Association humaniste du Québec l'AHQ), notamment aux États-Unis, en Europe et sur le continent indien. Ces organisations ont pour but, non seulement de préserver et répandre la culture et l'histoire humaniste, mais également de promouvoir la vision du monde humaniste qui se veut une approche contemporaine qui suggère un système de référence permettant de définir un code moral. C'est cette vision du monde humaniste que nous allons développer dans la leçon 2.

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Questions à choix multiples
 

Ce qui suit est un petit exercice qui sert uniquement à tester votre compréhension et à renforcer les concepts développé plus haut. Choisissez une réponse parmi les 5 proposées et cliquez ensuite sur le bouton « résultat » pour vérifier l’exactitude de vos réponses. Vous pouvez répéter l’exercice autant de fois que vous voulez.

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Questions à développement


Écrivez un court texte dans la boite ci-dessous pour chacune des questions et ensuite cliquez sur le bouton « réponse suggérée » pour comparer votre réponse. Si vous avez de la difficulté, relisez le texte ci-dessus.

1.    Donnez une définition de dix mots ou moins de l’humanisme?

Réponse suggérée

2.    Nommez trois penseurs célèbres cités dans la leçon comme étant des contributeurs de l’humanisme?


Réponse suggérée

3.    De quelle façon les lumières ont-elles contribué à la révolution américaine?

Réponse suggérée

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Leçon 1 - 2