Introduction à l'humanisme
Note importante; Les textes qui suivent sont traduits, avec permission, du site COHE (Continuum of humanist Education) et sont la propriété exclusive de IHS (Institute for Humanist Studies)
Auteur: Matt Cherry
[Glossaire ]
Leçon 1 - 2
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Introduction à l’humanisme : Les prémices de l’histoire, de la philosophie et des buts de l’humanisme
Leçon 1 : un bref aperçu de la pensée humaniste
La tradition humaniste dans l’ancienne Asie
La Grèce classique et
Rome
Enseigner à
l’humanité
La renaissance et les débuts
de la pensée science
L'âge des lumières
Kant et les lumières
Les philosophes
La révolution
américaine
Dans le monde moderne
L’humanisme structuré
Darwin et
l’évolution
Conseil: Placer votre curseur au-dessus du mot "scepticisme" pour en voir instantanément la définition. Vous retrouverez tous ces mots dans le glossaire.
L'humanisme est une appellation relativement nouvelle pour une philosophie très ancienne. Les principes de base de l'humanisme, le scepticisme des affirmations fondées sur la foi au surnaturel et l'emphase sur une vie basée sur l'éthique éthique et le rejet des religions, ont été adoptés par un large éventail de penseurs d'un grand nombre de cultures différentes sur des milliers d'années. Mais ce n'est qu'à partir du début du 20e siècle que le mot « humanisme » sert à désigner cette vision du monde.
Des éléments de la pensée humaniste se
retrouvent à plusieurs endroits de l'histoire humaine. De la
même façon que les croyances dans les dieux et le
surnaturel
ont toujours eu des adeptes, il s'est trouvé
également des sceptiques pour douter de l'existence des
dieux et
tenter d'expliquer notre monde uniquement par des causes naturelles.
Les sociétés humaines ont aussi de tout temps
développé des codes moraux et ceux-ci ont souvent
été décrits en termes non-religieux.
Malheureusement le scepticisme
religieux et la philosophie
naturaliste (l'idée que notre monde peut être
expliqué sans recours au surnaturel
) ont
été de
tout temps victimes de persécution. Les efforts pour
développer une morale humaniste ont souvent fait l'objet
d'attaque de la part de l'orthodoxie religieuse qui
considère
cette tendance comme une menace. À cause de cela
l'expression
publique des idéaux humanistes a souvent
été
étouffée et ouvertement combattu et par
conséquent
ces idées ont été longtemps
exprimées en
privé ou en cachette.
Malgré tout on peut trouver des traces de la
pensée humaniste dans différentes cultures et ce
sur des
milliers d'années. Ces récits sont souvent
incomplets et
parfois la meilleure façon de constater la
présence de la
pensée humaniste dans une époque
donnée demeure
les critiques que des apologistes de l'orthodoxie religieuse du temps
en ont fait. Un exemple intéressant encore cité
de nos
jours est dans l'ancien testament (voir le psaume 14 «
l'insensé dit en son coeur : il n'y a point de Dieu!
».
Cette insulte suggère que même dans la
société juive à l'âge de
bronze, il y avait
suffisamment d'athées
pour que l'auteur des psaumes se sente
justifié de les attaquer!).
La tradition humaniste a survécu sous une forme ou une autre suffisamment longtemps pour contribuer au développement de la philosophie humaniste du 20e siècle. Cette tradition humaniste englobe les maîtres des mouvements philosophiques de la Chine et de l'Inde antique durant la période se situant entre 3,000 et 4,000 ans avant notre ère
La tradition humaniste dans l’ancienne Asie
L'humanisme de Bouddha
Plusieurs érudits soutiennent que le Bouddha, vers la fin du 6e siècle ANE était un penseur naturaliste et humaniste. Mais les écoles de pensée bouddhistes qui se sont développées après sa mort ont dilués son message en intégrant le surnaturel que l’on retrouve dans les religions de l’Asie du sud.
Le Bouddha a certainement fait état de pensées naturalistes et humanistes. C’est particulièrement évident dans la littérature Pali que l’on considère généralement comme les premiers écrits du Bouddha. Par exemple le Bouddha rejetait la doctrine de l’immortalité de l’âme en écrivant ce qui suit « Comme l’âme et ce qui appartient à l’âme ne peut vraiment en vérité exister, de penser que moi qui suis « monde », qui suis « âme » puisse vivre éternellement, sans jamais changer en supportant éternellement, n’est ce pas là une sotte doctrine? »
L'humanisme a souvent été dépeint comme une invention occidentale, mais en fait elle trouve son origine dans des cultures diverses partout dans le monde. L'Inde et la Chine, pour ne citer que ceux-là ont une riche tradition de philosophes naturalistes et humanistes qui remontent au moins à 3,000 ans.
Le
mouvement Lokayata qui a émergé en Inde aux
environs de l'an 1000
ANE
, critiquait la religion Hindou de cette époque et
prônait une
philosophie naturaliste de l'explication de l'univers. 400 ans plus
tard, au 6e siècle avant notre ère, Un penseur
indien
Charvaka inspira un mouvement qui prêchait une philosophie
morale
centrée sur l'être humain : dans le
poème
épique Hindou le « Mahabharata » un
adepte de
Charvaka est mis à mort pour avoir critiqué les
penchants
guerriers du roi!
Les philosophes
chinois du 6e
siècle avant notre ère, ont également
développé une éthique humaniste et une
philosophie
fondée en grande partie sur le scepticisme
envers le
surnaturel
.
Leurs critiques des croyances du temps était souvent
sournoises.
Par exemple, le grand maître Taoïste Lao Tse (milieu
du 6e
siècle ANE
) exprimait ainsi son scepticisme
des explications
surnaturelles; « si les éclairs sont un signe de
la
colère des dieux, alors les dieux se préoccupent
surtout
des arbres. »
Les philosophes
chinois de cette époque
enseignaient que l'on ne pouvait rien connaitre du royaume spirituel
sans toutefois nier qu'il puisse exister. Cet agnosticisme envers le
surnaturel
les conduisait vers des conclusions humanistes. Ces grands
penseurs du 6e siècle ANE
prétendaient
qu'étant
donné que les humains n'avaient aucun moyen
de connaitre quoi que ce soit du
surnaturel ,
par conséquent on ne pouvait pas s'en
réclamer comme fondement de la morale. Ils soutenaient que
la
meilleure base d'une moralité demeurait la connaissance du
monde
naturel, de la nature humaine et de la société.
Le
plus célèbre de ces penseurs fut certainement
Confucius.
Les disciples de Confucius essayèrent de remplacer les
croyances
religieuses par une éthique fondée sur la famille
et la
société. Le confucianisme met l'accent sur la
bienveillance, le respect de son prochain et la
réciprocité comme fondement de l'ordre social. Un
premier
énoncé de la « Règle d'or
» de
l'éthique apparait dans « les entretiens
»
(écrits) de Confucius; « ne faites pas aux autres
ce que
vous n'aimeriez pas qu'on vous fasse ».
Les
confucianistes ignoraient le domaine du spirituel pour faire la
promotion d'une vision terre-à-terre de l'existence qui
rendait
les dieux inutiles. D'après la légende lorsqu'on
demandait à Confucius comment servir les esprits et les
fantômes il répondait « si vous
êtes
incapables de servir les hommes, comment pouvez-vous servir un esprit?
»
La Grèce et la Rome classique
Durant le 5e et 6e siècle ANE
, la Grèce
antique fut le
témoin d’une éruption de culture qui
transformera
à jamais la civilisation humaine. Plusieurs des plus grands
penseurs, philosophes
, historiens, dramaturges et hommes
d’états vécurent à
Athènes et
d’autres cités grecques sur une période
de trois
à quatre générations. Cette explosion
de
connaissances humaines allait à jamais transformer le monde
dans
lequel nous vivons.
La Grèce classique était extraordinaire de biens
des façons. Sa culture et son art eurent une influence aussi
grande que sa philosophie et son système politique. Dans
toutes ces facettes la culture Grecque est remarquable pour son
attention à l’élément
humain. Que ce soit dans les statues faisant les louanges du corps
humain, dans des pièces de théâtre
dépeignant la condition humaine, la création des
premières démocraties ou une philosophie
reconnaissant que « l’homme est la mesure de toutes
choses ». La culture Grecque célèbrera
l’humanité.
Tout comme les philosophes chinois de
la
même période, les philosophes grecs du 6e
siècle
avant notre ère ne niaient pas l’existence des
dieux, mais
prétendaient qu’ils était impossible de
les
connaitre et en conséquence ils étaient hors de
propos.
En accord avec ce principe leur recherche de la connaissance et leur
moralité faisait référence
à l’humain
et non au divin.
Cette préoccupation se reflète dans les
écrits de Protagoras (481-411 ANE
). Dans son ouvrage
« Le
traité des dieux » Protagoras
écrivait
« À propos des dieux, je n’ai aucun
moyen de savoir
s’ils existent ou non ou à quoi ils ressemblent.
Plusieurs
choses m’empêchent de savoir, entre autres le fait
qu’on ne les voit jamais et aussi la
brièveté de la
vie humaine » Protagoras est également
l’auteur de
cette phrase associé depuis à la
pensée humaniste,
« L'homme est la mesure de toute chose: de celles qui sont,
du
fait qu’elles sont ; de celles qui ne sont pas, du fait
qu’elles ne sont pas ».
On croit que Protagoras a également développé le dialogue interrogatif comme moyen de chercher la vérité. Mais cette méthode est surtout associée à Socrate (469-399). La méthode Socratique peut être considérée profondément humaniste de la façon dont elle fait la promotion d’un dialogue ouvert sans contrainte pour chacune des parties. Les grands prophètes religieux à travers l’histoire avaient la prétention de révéler « la vérité divine » et des commandements absolus. Socrate, au contraire, est célèbre pour avoir affirmé qu’il ne savait rien et ne proposait pas de réponses mais une méthode de questionnement
Enseigner à l'humanité
Peut-être la plus grande contribution des anciens Grecs à la culture mondiale demeure l’idée que l’excellence humaine puisse être enseignée. Les Grecs sont les créateurs du concept « d’éducation libérale », qu’ils considéraient comme le meilleur moyen de façonner l’être humain pour qu’il puisse atteindre son plein potentiel. Au cœur du concept Grec d’éducation libérale était un programme de matières incluant la philosophie, la logique, la rhétorique, la grammaire, les mathématiques, l’astronomie, la littérature et le drame. Les Grecs avaient un nom pour ce programme paideia. Les Romains firent de paideia la base de leur système d’éducation, traduisant paideia par le latin Studia Humanitas (l’étude des humanités).
Les érudits de la Renaissance
qui
réinventèrent la Studia humanitas , presque mille
ans
après la chute de Rome, adoptèrent le
qualificatif
« humanistes ». L’appellation moderne
«
humanisme » tire son origine du latin
Humanitas.
D’autres écoles philosophiques naturalistes, tel
Aristote (les atomistes
) et les stoïciens
développèrent leurs idées sur la
nature et
l’humanité et leur influence est toujours
ressentie dans
la pensée humaniste moderne. Le penseur qui est sans doute
le
plus près des idées et des dispositions de
l’humanisme moderne est Épicure (341 –
271 ANE
).
Adoptant la pensée matérialiste des Atomistes , Épicure raisonnait que tout dans l’univers était ultimement composé d’atomes et que toutes connaissances venait de nos sens. Épicure enseignait également que deux choses empêchent les humains d’être heureux; la peur des dieux et la peur de l’au-delà. Mais la philosophie matérialiste des Atomistes libérait de la peur du surnaturel et de la mort. La mort signifie l’anéantissement pour l’individu, parce que le cerveau (ou l’âme) est composé d’atomes qui se dispersent à la mort. La doctrine d'Épicure peut être résumée par ce que les épicuriens ont appelé le tetrapharmakos (quadruple-remède), qui fut formulé ainsi
- on ne doit pas craindre les dieux.
- on ne doit pas craindre la mort.
- le bien est facile à atteindre.
- le mal peut être supporté.
Épicure a décrit la philosophie comme
étant
« l'art d'être heureux ». Il enseignait
que la nature
et la raison nous apprennent que le plaisir est le seul bien et la
douleur
le seul mal. Mais contrairement à la légende, les
épicuriens
ne prêchaient pas la complaisance dans
les
plaisirs sensuels. Une approche hédoniste peut apporter une
satisfaction temporaire, mais on devrait les éviter s'ils
nous
apportent de la souffrance à long terme.
Les
épicuriens
donc, plaidaient la modération et
l'équilibre dans chaque aspect de la vie. Dans un des rares
écrits d'Épicure qui a survécu dans sa
«
lettre à Menoeceus » il écrivit,
« il est
impossible de vivre heureux sans vivre sagement, vertueusement et en
étant juste, tout comme nous ne pouvons pas vivre sagement,
vertueusement et avec justice sans vivre heureux.».
Pendant
les 700 ans de l'âge d'or de la Grèce et de Rome,
la
philosophie humaniste d'Épicure fut un modèle
respecté et populaire pour une vie saine. Mais avec
l'avènement de la nouvelle religion Chrétienne et
le
déclin de Rome, l'influence des penseurs
non-chrétiens
disparut ou fut détruite graduellement en occident.
L'Europe
entra dans la grande noirceur. Lorsque la connaissance de ces penseurs
refit surface durant la période
médiévale,
celle-ci fut sévèrement
réprimée par
l'épiscopat chrétien. C'est dans les
bibliothèques
du monde musulman que les travaux de ces grands philosophes
classiques
survécurent. Ce ne fut qu'au 15e siècle que les
écrits de ces philosophes
furent réintroduits en
Europe
durant la période dite de « la Renaissance
».
La Renaissance et les débuts de la science.

La Renaissance
trouve son origine dans les efforts d'un
mouvement
pour retrouver les sources de la gloire intellectuelle du monde
antique, mais finit ultimement par transformer le monde moderne. La
Renaissance
réfère à la
période européenne se situant vers la fin du 14e
siècle
jusqu'au
début du 17e. Cette période de recherche
intellectuelle
intense est souvent référée par
l'appellation
« l'humanisme de la Renaissance
. »
«
L'humanisme de la Renaissance
» marque la transition entre le
surnaturalisme médiéval et l'approche
scientifique,
moderne et séculière. Même si
l'humanisme moderne
doit beaucoup à l'humanisme de la Renaissance
, il y a des
distinctions importantes entre les deux formes d'humanisme. Les
humanistes contemporains ne croient pas en l'existence de dieu ou au
surnaturel
, alors que la majorité des humanistes de la
Renaissance
étaient des croyants pour la plupart au dieu
chrétien traditionnel. Ce que les deux humanismes ont en
commun
est une préoccupation envers les problèmes du
monde et
une conscience de la « dignité humaine »
et de la
nécessité de développer le potentiel
humain.
À
mesure que la Renaissance
progressait, ses penseurs devenaient de plus
en plus sceptiques envers les dogmes religieux
médiévaux.
La réponse du clergé à ces nouvelles
idées
fut souvent brutale. L'homme de science italien Giordano Bruno
(1548-1600) défendit la vision de Copernic qui affirmait que
la
terre tournait autour du soleil, critiqua l'éthique
chrétienne et plaida pour une plus grande
tolérance
envers les différentes croyances religieuses. En 1600 Bruno
fut
mis au bucher par l'inquisition
pour avoir refusé de renier
ces
vues.
Galileo Galilei (1564-1642) aussi a eu à faire
face au tribunal de l'inquisition
pour avoir défendu la
vision
de Copernic d'une terre orbitant le soleil. Il échappa au
bucher
en renonçant publiquement à ses
déclarations.
Galilée peut vraiment être
considéré comme
le père de la science moderne. Ses nombreuses
découvertes
ont révolutionné la compréhension que
l'être
humain avait du cosmos. Il jeta les bases de la science en
démontrant que l'observation, l'expérimentation
et
l'usage de mesures mathématiques précises sont
les bases
essentielles de la recherche scientifique et de notre connaissance du
monde.
À la même époque que
Galilée, le philosophe anglais Francis Bacon jetait les
bases
d'une science fondée sur le raisonnement et les preuves
factuelles. Bacon n'était pas un grand homme de science
comme
Galilée, mais il joua néanmoins un grand
rôle en
définissant une approche empirique
de la science. Bacon
plaidait
qu'en plus d'augmenter notre niveau de connaissances, la science
pouvait être bénéfique au genre humain.
Dans sont
plus important ouvrage "Novum Organum" il affirma que
l'humanité
devait « se consacrer à la science pour que
l'état
de l'humanité puisse par le fait même
être
amélioré. »
C'est cet engagement pour
l'étude scientifique de notre monde combiné
à un
sécularisme et à une individualité
grandissante qui permit à la culture européenne
d'engendrer le siècle
« des
lumières » au 18e siècle.
L’âge des lumières
Kant et les lumières
En
Allemagne, le philosophe Emmanuel Kant (1724-1804) transforma
l'étude de la métaphysique et de
l'éthique.
Malgré qu'il fût lui-même un croyant,
Kant proposa
une base rationnelle à une moralité qui ne
faisait
aucunement appel à dieu ou au surnaturel
.
Davantage
connu pour ses définitions très denses et
fouillé
des problèmes métaphysiques, Kant publia un
article de
deux pages dans un mensuel qui demandait à ses lecteurs la
réponse à la question « Qu'est-ce que
les
lumières
?» Son premier paragraphe
mérite toujours
d'être cité.
« Qu'est-ce que les
lumières
? La sortie de l'homme de sa minorité
dont il
est lui-même responsable. Minorité,
c'est-à-dire
incapacité de se servir de son entendement (pouvoir de
penser)
sans la direction d'autrui, minorité dont il est
lui-même
responsable (faute) puisque la cause en réside non dans un
défaut de l'entendement, mais dans un manque de
décision
et de courage de s'en servir sans la direction d'autrui. Sapere aude !
(Ose penser) Aie le courage de te servir de ton propre entendement.
Voilà la devise des lumières
. »
Quelle belle devise Sapere Aude! - Ose penser!
La période dites des «
lumières
»
débuta au 17e siècle et connut son
apogée au
milieu du 18e. Elle marqua le passage de l'humanité de
«
l'âge de la foi » vers une période
d'émergence du raisonnement, de la science et du respect
pour
l'être humain en général. Les penseurs
des
lumières
croyaient que le raisonnement humain pouvait amener
à la connaissance des lois naturelles de l'univers,
déterminer les droits fondamentaux des humains et par
conséquent entrainer un réel progrès
pour la
société par la technologie et par la
compréhension
du monde qui nous entoure.
Un stimulant majeur pour le
siècle des lumières
fut les
découvertes
scientifiques des lois universelles de la nature. Vers la fin des
années 1600, grâce aux travaux entre autres de
Copernic,
Galilée et Newton des lois universelles furent
établis en
mécaniques (incluant la gravité) et en optiques.
Les
penseurs des
lumières
se concentrèrent sur l'accroissement du
savoir
et l'application de la méthode scientifique au service de
l'humanité et de la société.
Même
si la critique des dogmes religieux était toujours une
entreprise périlleuse. Le scepticisme
envers ceux-ci devint
plus
commun dans l'europe du 18e siècle, en partie
grâce au
développement d'une vue plus scientifique de l'univers. Le
philosophe écossais, David Hume, exprima son scepticisme
envers
les miracles dans deux livres, la section X de "Enquête sur
l'entendement humain" et sur la religion dans "Dialogues sur la
religion naturelle" (bien que, prudemment, il s'assura que ces livres
soient publiés après sa mort.)
Bien que
quelques-unes des figures dominantes des lumières
fussent
des athées
, alors que d'autres étaient
chrétiens, la
caractéristique la plus commune de la période des
lumières
fut le déisme
. Les déistes
croyaient en
un « dieu de la nature » qui aurait
créé
l'univers et s'en serait désintéressé
par la suite
pour le laisser à lui-même. Le
créateur «
déiste » ne pouvait déroger aux lois de
la nature.
Le déisme
rejetait donc l'idée d'un dieu
intervenant dans
les affaires humaines, répondant aux prières et
communiquant par le biais de prophètes. Tout comme les
anciens
philosophes
chinois et grecs qui affirmaient qu'on ne pouvait connaitre
ni les dieux, ni le surnaturel
et donc qu'on ne pouvait fonder une
morale sur eux, les déistes croyait que l'éthique
et la
connaissance devait se fonder sur le raisonnement et les lois
naturelles et non sur une révélation
divine. Dans
les
faits il y a effectivement très peu de
différences entre
les déistes et les humanistes athées
Les philosophes
La
pensée des lumières
fut défendue par
un groupe de
philosophes
français qui sont devenus
célèbres. Le
fait d'armes principal de ce groupe d'érudit fut la
création de l'encyclopédie. Le premier recueil de
la
connaissance humaine qui fut compilée entre 1751 et 1765
principalement par Denis Diderot avec l'aide d'autres philosophes
tel
que D'Alembert, Rousseau, La Mettrie, Helvétius et
D'Holbach.
L'Encyclopédie reflétait leur scepticisme
envers
la
religion.
Un des penseurs politiques les plus influents des
lumières
fut Charles de Secondat, Baron de Montesquieu.
Montesquieu développa le concept de l'état
démocratique avec une « séparation des
pouvoirs
» appelé à garantir les
libertés
individuelles. Un autre célèbre philosophes
fut
Voltaire,
célèbre pour ses croisades contre les injustices
et sa
critique cinglante de la chrétienté.
Les
idées de ces philosophes
influencèrent la
révolution française surtout en ce qui concerne
la
sécularisation de la société et le
républicanisme qui furent repris lors de la
déclaration
des droits de l'homme en 1789. Malheureusement l'intolérance
et
les excès de la révolution durant « la
terreur
» allaient à l'encontre des
principes de bases
des lumières
qui défendaient les droits humains.
La
révolution américaine
De l'autre
côté de l'atlantique, les
leaders intellectuels des colonies américaines furent
grandement influencés par
la pensée des lumières
. Plusieurs meneurs de la
révolution américaine,
Jefferson, Washington, Franklin, Madison et Paine furent
attirés par ces
nouvelles idées. Jefferson et Franklin entre autres
vécurent quelques temps à
Paris où ils fréquentèrent les salons
des philosophes
des lumières
et
absorbèrent leurs influences.

Étant sceptique de l'autorité religieuse, ces meneurs de la révolution américaine, déistes et chrétiens réunis, croyaient qu'une séparation de l'église et de l'état était nécessaire pour garantir la liberté de conscience. Ils reprirent les idées de Montesquieu sur une séparation des pouvoirs entre les branches exécutive, législative et judiciaire du gouvernement pour s'assurer d'un système de balancier dans la nouvelle structure politique. Le principe des « libertés inaliénables - le droit à la vie, à la liberté et la poursuite du bonheur » sont des concepts tirés directement des lumières et furent au coeur de la révolution américaine et de la nouvelle constitution de même que le « Bill of Rights » et sont depuis parti intégrante du tissu américain.
La
révolution américaine peut être vue
comme
étant le dernier chapitre du siècle des
lumières.
Des idées qui furent un temps
considéré comme une
hérésie devinrent le fondement d'une nation
fondée
non sur la race ou la religion, mais sur la promesse de
libertés
et de droits individuels..
Dans le monde moderne
En revenant sur l'histoire de la tradition humaniste et de ses précurseurs, nous constatons que ces idées existent depuis des millénaires, timidement d'abord durant des périodes dominées par la superstition et la soumission à l'autorité d'une minorité. Mais plus tard durant la période des lumières ces principes se déversèrent tel un torrent. La pensée humaniste, tel le rejet du surnaturel et la primauté de l'individu est devenue tellement répandue au point d'être presque un lieu commun, à tout le moins intellectuellement. Depuis les 19e et 20e siècles les idées humanistes sont débattues au grand jour et le débat prend de l'ampleur et se diversifie.
Cette brève
récapitulation du développement de la
pensée
humaniste se termine donc avec l'avènement du
siècle des
lumières
et la naissance d'un monde moderne fondé
sur les
valeurs humanistes de la science, des droits humains, de la
laïcité
et de la liberté de
pensée. La prochaine
étape dans le développement de l'humanisme
décrira
la création d'organisations humanistes
L’humanisme structuré
Darwin et l’évolution
La
théorie de l'évolution fut la dernière
pièce du puzzle pour ceux qui postulaient une explication
naturelle du monde et de la place de l'humain dans celui-ci.
L'évolution nous démontre comment des
êtres
intelligents peuvent provenir d'un processus lui-même non
dirigé par une intelligence. La théorie de
l'évolution a d'abord été
expliqué par
Charles Darwin dans son ouvrage « L'origine des
espèces
par la sélection naturelle » en 1859. Cette
découverte a galvanisé le monde scientifique et
fait
trembler les bases de la religion. Non seulement il a mis à
mal
les édits des livres religieux qui clamaient que toute forme
de
vie avait été créée par des
dieux, mais en
plus la théorie de l'évolution élimine
le besoin
de recourir à un créateur « intelligent
»
pour expliquer la complexité des formes de vie sur la
terre.
La
portée explicative de la théorie de Darwin fut
rapidement
accepté par la communauté scientifique. De nos
jours
même la religion catholique romaine accepte l'idée
de
l'évolution. Par contre, celle-ci rencontre une opposition
féroce, bien organisée et financée par
des groupes
fondamentalistes chrétiens ainsi que musulmans surtout aux
États-Unis et en Europe et dans une moindre mesure au
Canada.
(Un cours bientôt disponible ici l'évolution, le
créationnisme et les fondements de la science) se penchera
avec
plus de détails sur ces questions
Certaines des anciennes écoles de
pensées tels
les épicuriens
se retrouvaient dans des mouvements
organisés. Ces groupes disparurent en même temps
que le
déclin et la chute de Rome et l'avènement de la
chrétienté. Les organisations humanistes qui
existent de
nos jours ont été créées
durant les deux
derniers siècles.
Dans les sociétés occidentales dominées par un christianisme généralement appuyé ouvertement par l'état, il n'a pas toujours été facile de critiquer les dogmes religieux et encore moins de suggérer une vision du monde alternative. Historiquement cela a signifié que la philosophie humaniste s'est retrouvée occultée, ou exprimée en langage codé par un petit groupe d'initiés. Il existe des comptes rendus de sociétés secrètes d'athées et de libres-penseurs durant les 16e, 17e et 18e siècles, par exemple les francs-maçons. Les groupes partageant ces idées ne se sont pas exposés au grand jour avant le 19e siècle. L'expansion des groupes humanistes correspond généralement avec l'avènement d'une société civile et la venue de nombreux autres groupes se préoccupant d'idées et de causes spécifiques.
Les humanistes du 19e siècle ont utilisé un grand
nombre d'appellation différente. Tel que;
• Rationaliste
• Libre-penseur;
• Laïque (chez les
francophones)
• séculariste
• athée
• Non-confessionnel
• Naturaliste
• Positiviste
(d’après les idées du sociologue
Français Auguste Comte)
• Agnostique
(d’après le terme inventé par T.H.
Huxley en 1870)
• Éthicien (un
mouvement mondial fondé à New-York en 1876 par
Félix Adler)
Le terme « humaniste » ne fut pas couramment
utilisé avant la publication du premier «
manifeste
humaniste » de 1933 (voir dans la leçon
numéro
deux; Manifestes et autres déclarations d'humanisme).
L'appellation « d'humaniste » sert depuis, de
façon
générale, à désigner des
personnes ou
groupes non-théistes qui militent pour une
amélioration
de la condition humaine sans référence
à des dieux
ou au surnaturel
. De plus en plus ces groupes se
considérèrent neutre du point de vue religieux et
comme
une alternative éthique à la religion.
Après
la seconde guerre mondiale, un groupe de militants principalement
d'Angleterre, des Pays-Bas et des États-Unis se
réunirent
pour fonder la "International Humanist and Ethical Union" (IHEU). Un
organisme de coordination regroupant des associations humanistes
partout sur la planète (incluant l'Association humaniste du
Québec l'AHQ), notamment aux États-Unis, en
Europe et sur
le continent indien. Ces organisations ont pour but, non seulement de
préserver et répandre la culture et l'histoire
humaniste,
mais également de promouvoir la vision du monde
humaniste
qui se
veut une approche contemporaine qui suggère un
système de
référence permettant de définir un
code moral.
C'est cette vision du monde
humaniste que nous allons
développer
dans la leçon 2.
Ce qui suit est un petit exercice qui sert uniquement à tester votre compréhension et à renforcer les concepts développé plus haut. Choisissez une réponse parmi les 5 proposées et cliquez ensuite sur le bouton « résultat » pour vérifier l’exactitude de vos réponses. Vous pouvez répéter l’exercice autant de fois que vous voulez.
Écrivez un court texte dans la boite ci-dessous pour chacune
des questions et ensuite cliquez sur le bouton «
réponse suggérée » pour
comparer votre réponse. Si vous avez de la
difficulté, relisez le texte ci-dessus.
1. Donnez une définition
de dix mots ou moins de l’humanisme?
2. Nommez trois penseurs célèbres cités dans la leçon comme étant des contributeurs de l’humanisme?
3. De quelle façon les lumières ont-elles contribué à la révolution américaine?
Leçon 1 - 2

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