Introduction à l'humanisme

Note importante; Les textes qui suivent sont traduits, avec permission, du site COHE (Continuum of humanist Education) et sont la propriété exclusive  de IHS (Institute for Humanist Studies)

Auteur: Matt Cherry


[Glossaire

Leçon 1 - 2

le glossaire du cours s'ouvre dans une fenêtre séparé 


Introduction à l’humanisme : Les prémices de l’histoire, de la philosophie et des buts de l’humanisme

Leçon 2 : la philosophie contemporaine humaniste : la vision du monde humaniste











L'appellation « humanisme » a été utilisée à toutes les sauces au fil des ans. En référence aux penseurs de la Renaissance aussi bien qu'en art, en littérature, en psychologie, en architecture et d'autres termes reliés à la culture. Même si les terminologies diffèrent quelques peu elles font toutes référence à notre humanité en opposition au « divin ».

 

Cette emphase sur l'humain se retrouve encore de nos jours lié à l'usage courant du mot « humanisme ». La vision du monde humaniste a été décrite dans le cours précédent comme « une philosophie athée fondée sur la raison et la tolérance ». Ce type d'humanisme est souvent décrit comme un « humanisme philosophique » ou « une vision du monde » humaniste en opposition avec l'humanisme « culturel » de la Renaissance et des arts.

 

La vision du monde humaniste se réfère à une approche qui tient compte des principes fondamentaux de la vie. C'est cette forme d'humanisme qui est proposé et mis de l'avant par le mouvement humaniste, c'est-à-dire les nombreux regroupements, associations et projets humanistes qui existent de par le monde. Il est aussi appelé « humanisme séculier » ou « humanisme athée »

 

La vision du monde humaniste est la forme d'humanisme que nous allons étudier dans ces pages lorsque nous nous référons au terme « humaniste ».

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La vision du monde humaniste

Lorsque l'on parle d'une « vision du monde », il va sans dire que ce terme peut s'appliquer également à des philosophies qui incorporent une pensée religieuse. Une « vision du monde » est, dans le meilleur des cas, une conception de la réalité, ou à tout le moins, un ensemble de vues qui nous aide à comprendre et à trouver un sens à notre vie.


Plusieurs vision du monde font clairement appel au religieux, par exemple le Christianisme est une vision du monde religieuse comme le sont également l'Hindouisme et l'Islam. D'autres vision du monde ignorent l'appel au religieux; le matérialisme didactique de Karl Marx et de ses disciples. L'objectivisme et l'humanisme d'Ayn Rand par exemple. D'autres concepts ont été associés à une religion, mais ne correspondent pas vraiment à ce moule, on peut citer le Bouddhisme et le Confucianisme dans cette catégorie. Le concept de « vision du monde » est applicable à chacune de ses vues. (Voir Développer son potentiel sans religion - un cours qui sera disponible bientôt sur ce site pour une explication plus détaillée du terme « religion » et pourquoi l'humanisme ne devrait pas être considérée comme une religion)


Ces vision du monde déterminent notre approche à des questions existentielles fondamentales telles, « Comment acquérons-nous le savoir? » « Quelle est la nature de l'univers? » et « Que dois-je faire de ma vie? ». Nnous avons chacun une vision du monde , nous avons tous une certaine conception de ce qui existe et de ce qui compte. Mais la plupart des gens ne pensent pas beaucoup à ces choses. Ils ne se sont jamais vraiment penchés sur ces questions de manière critique. En fait, il est dans la nature des personnes qui ont des croyances religieuses d'accepter ces sous-entendus sur la base de leur foi.


Signification de la vieMalgré cela ces questions affectent profondément notre compréhension ainsi que notre façon de voir la vie. Si nos sous-entendus reposent sur des bases fausses, contradictoires, confuses ou aisément falsifiables, on peut se retrouver à vivre une vie marquée par des illusions perdues, de mauvais choix et des conflits douloureux. Une vision du monde réfléchie peut conduire à une meilleure compréhension et à un sain équilibre et donc en bout de ligne à une vie plus satisfaisante. Bien entendu ce que vous entendez par « vie satisfaisante » dépendra en grande partie de votre vision du monde !


Les humanistes sont d'avis qu'examiner de façon critique votre vision du monde non seulement améliorera votre compréhension et votre succès dans la vie, mais également rendra votre vie plus authentique. Les humanistes s'entendent en général avec Socrate lorsque celui-ci déclare « une vie sans examen ne vaut pas la peine d'être vécue ». Pour un humaniste, comme Kant (voir leçon 1) la connaissance signifie s'émanciper des vues et des dictats de nos semblables, qu'ils soient des parents, un gouvernement ou des autorités religieuses et d'avoir le courage de vivre sa vie selon notre compréhension et selon nos propres décisions. Le but avoué de ce cours est d'aider ceux qui le suivent à atteindre cette autonomie. Sapere Aude Osez savoir!

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Les fondements de l'humanisme


Quelques définitions de l’humanisme


"L'humanisme se veut une façon de penser démocratique et éthique, qui affirme que les êtres humains ont le droit et la responsabilité de donner un sens et une forme propre à leur vie. Il représente le fondement d'une société plus humaine passant par une éthique fondée sur l'être humain et d'autres valeurs naturelles, le tout dans un esprit de raison et d'investigation libre selon les capacités humaines. Il n'est pas théiste et n'accepte pas le recours au surnaturel » - Déclaration de principes, IHEU - (International Humanist and Ethical Union).


« L'humanisme affirme la valeur, la dignité et l'autonomie des individus et le droit de chaque être humain à la plus grande liberté possible qui soit compatible avec les droits des autres. Les humanistes ont le devoir de se soucier de l'humanité entière incluant les futures générations. Les humanistes croient que la morale est une partie intrinsèque de la nature humaine basée sur la compréhension et le souci envers les autres, n'exigeant aucune sanction externe. » AHQ - l'Association humaniste du Québec.


«L'humanisme est une philosophie progressiste de la vie qui, sans avoir recours au surnaturel, affirme notre capacité et notre responsabilité de vivre une existence fondée sur l'éthique et sur la réalisation personnelle de chacun et ultimement pour l'amélioration de l'humanité. La vision du monde humaniste, guidée par la raison, inspirée par la tolérance et renforcée par l'expérience, nous encourage à vivre sainement et pleinement. L.humanisme a évolué avec les années grâce aux efforts d'individus qui ont su reconnaitre que nos valeurs et nos idéaux, même les plus réfléchis sont appelés à se transformer à mesure que nos connaissances et notre compréhension du monde avancent » AHA - American Humanist Association.


« L'humanisme est une philosophie, une vision du monde , résolument naturaliste. La conviction que notre univers et la nature sont notre seule réalité. L'humanisme est utile, pour plusieurs humanistes, de ce qu'il sert à remplacer des besoins émotionnels ou sociaux qui étaient auparavant comblés par la religion, mais sans les croyances aux dieux, aux esprits, aux miracles, à l'immortalité et au surnaturel. Les humanistes cherchent à comprendre notre univers par l'utilisation de la science et de la pensée critique, le raisonnement logique, les preuves empiriques et une évaluation sceptique des hasards et des conclusions hâtives pour arriver à des résultats fiables. Les humanistes souhaitent construire une société démocratique, plus humaine, plus juste, plus compatissante en faisant usage d'une éthique pragmatique fondée sur la raison, l'expérience et des connaissances fiables, une éthique qui juge les conséquences des actions humaines à la lumière du bien-être de toute vie sur terre. » - La communauté virtuelle des humanistes.

Une façon de comprendre l'humanisme est de considérer les réponses à ces trois questions fondamentales;

  • De quelles façons pouvons-nous acquérir la connaissance et une compréhension de notre monde? 

  • Qu'est-ce que nous savons du monde et de notre place dans celui-ci? 

  • Comment devrions-nous vivre notre vie? 

En général les différentes visions du monde cherchent toutes à répondre à ces questions sur notre existence. L'humanisme le fait en se fondant de façon explicite sur une moralité humaine et sur notre propre intellect.


La première de ces questions concerne l'épistémologie et la méthodologie . L'humanisme utilise une méthodologie rationnelle et une épistémologie empirique . En langage plus commun, cela signifie que les humanistes croient qu'une recherche rationnelle fondée sur des faits demeure le meilleur outil pour acquérir une connaissance crédible du monde qui nous entoure, tout en acceptant que chaque affirmation est potentiellement faillible et provisoire. Cette méthodologie a été intégrée dans un processus plus large que l'on appelle « science » (pour un examen plus détaillé de la méthode scientifique, voir le cours évolution, créationnisme et la nature de la science) (à venir). Les humanistes sont convaincus que chaque aspect de notre existence et de l'expérience humaine devrait demeurer ouvert aux nouvelles connaissances et à la critique rationnelle.


Donc, pour trouver des réponses à la seconde question, que savons-nous du monde et de notre place dans celui-ci? L'humanisme tourne ses regards vers la science. La physique et la cosmologie nous fournissent des débuts de réponses sur l'origine et le développement de l'univers. Les sciences de la vie, incluant la théorie de l'évolution nous expliquent l'origine de l'espèce humaine et notre place dans le monde.


L'humanisme adopte une approche « naturaliste » du monde, étant donné le manque de preuves convaincantes de l'existence d'une force ou d'un pouvoir surnaturel . Les humanistes, par conséquent, ne croient pas à l'existence de dieux, démons, anges ou autres « entités », non plus qu'à une vie après la mort ou à la survie de l'âme. Les humanistes acceptent que nous humains soyons de purs produits d'une évolution naturelle et que nos valeurs humaines et notre compréhension de celle-ci ne requièrent aucune intervention divine ou composante surnaturelle . Nous savons que tout cela provient de notre apprentissage des sciences, de notre environnement social et de notre curiosité intellectuelle. Les humanistes savent qu'à mesure que nos connaissances scientifiques vont s'accumuler, notre compréhension du monde sera meilleure tant que la science continuera d'explorer, d'expérimenter et de fournir des réponses à nos questions.


Pour ce qui est de la troisième question fondamentale, comment devrions-nous vivre notre vie? L'humanisme est une philosophie éthique dont le but avoué est de faire ressortir le meilleur des individus afin que le plus grand nombre puisse avoir la meilleure vie possible. L'humanisme affirme que chacun a le droit et la responsabilité de décider de la direction de sa vie. Il souligne l'importance du développement personnel et encourage la pleine réalisation de notre potentiel tout en reconnaissant aux autres les mêmes droits et le même respect de faire de même.


Même si la philosophie de la moralité, l'éthique, n'est pas une science proprement dite, les humanistes s'entendent sur certains principes, tels les droits humains et font consensus sur un large éventail de sujets. (Pour explorer plus en détail les bases de la moralité pour un humaniste, voir Éthique, le sacré et le séculier un cours présentement en préparation et bientôt disponible sur ce site. Pour une discussion plus poussée de l'éthique humaniste sur des sujets tels
que l'avortement ou l'euthanasie volontaire voir le cours "Développer le potentiel humain sans religion" (à venir))


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Manifestes et autres déclarations d'humanisme.   

Plusieurs variétés d'humanisme

La plupart des groupes humanistes (y compris l'Association humaniste du Québec), se décrivent comme « non-religieux » ou peuvent référer à leur humanisme comme étant « séculier » ou « athée » ou alors sans aucun qualificatif. Mais il existe des groupements humanistes qui se décrivent comme « religieux.» Ces organisations adhèrent aux mêmes principes et philosophies que les humanistes non-religieux, affirmant que l'humanisme est une philosophie athée fondée sur la raison et la tolérance. Les humanistes « religieux » ne croient pas non plus au surnaturel . Ils croient seulement que le terme « religieux » peut être inclusif à une vision du monde dénuée d'éléments surnaturels tel l'humanisme. Certains humanistes sont en désaccord.


Les deux regroupements « religieux » humanistes les plus connus sont l'AEU (American Ethical Union) et "The society for Humanistic Judaism". Ces groupes suivent un modèle davantage « congrégationiste » que d'autres associations non-religieuses. Les sociétés culturelles éthiciennes (Comme l'AEU) ont souvent un leader à temps plein et se rencontrent chaque semaine et peuvent même offrir certains services « pastoraux » à leurs membres. Ces groupes utilisent une terminologie plus proche du religieux et du spirituel. Par exemple le mouvement Judaïque humaniste célèbre la plupart des fêtes juives traditionnelles tel Rosh Hashana, mais sans les références surnaturelles .


L'association de l'église unitarienne universelle (UU) se définit comme une religion et regroupe plusieurs humanistes aux États-Unis et au Canada. Des sondages menés aux États-Unis suggèrent que 50% à 75% des UU sont des humanistes. Mais les UU ne se limitent pas qu'aux humanistes; elle est une religion sans crédo qui accueille des Wiccans, des chrétiens, des bouddhistes et des adeptes du nouvel âge. À l'exception  des UU il y a peu de groupes humanistes « religieux » à l'extérieur des États-Unis.

Certaines personnes, habituées à des crédos religieux adhérant à une doctrine particulière, sont promptes à croire que l'humanisme contient certains « dogmes » liant ses membres à des croyances particulières. Elles en déduisent que les différends manifestes et déclarations humanistes publiés depuis quelques années sont en fait des articles de foi que tous les humanistes se doivent de suivre. Cette affirmation est fausse. Il n'y a rien qui oblige un humaniste à souscrire à aucun manifeste ou déclaration sous peine d'expulsion. En fait il existe une énorme diversité d'opinions dans la communauté des humanistes envers chacun des manifestes qui ont été publiés. Chacun de ces textes est en fait un essai pour capturer l'essence des principes humanistes les plus largement répandus, une sorte de « cliché » de l'humanisme du temps.


John Dewey (1859 - 1952)Le manifeste humaniste de 1933, fut écrit pour attirer l'attention du public vers un mouvement qui rejetait explicitement toute forme absolue d'autorité, que ce soit les commandements divins, les prétendues révélations au dépend des droits humains, de la démocratie et de l'interrogation libre. Ce mouvement proposait l'humanisme comme une solution humaine aux problèmes de la vie et de la société.


Les auteurs du premier manifeste humaniste étaient un regroupement très varié d'intellectuels prééminents durant leur époque. Ils étaient pour la plupart des penseurs libéraux en matière de religion qui rejetaient les croyances en dieu. Par contraste avec le mouvement des libres-penseurs, le manifeste humaniste de 1933 se donnait l'étiquette de « religion », malgré le fait que leur seul point commun ait été le besoin de trouver une signification à la vie.


La description de l'humanisme comme étant « religieux » suscita une grande controverse parmi les humanistes, de même que les opinions des auteurs en matière économique. Écrit en plein dans la grande dépression le manifeste affirmait « qu'une société dédiée tout entière à l'acquisition de biens et la recherche du profit a prouvé qu'elle était inadéquate et qu'un changement radical s'impose dans ses méthodes, ses buts et que des contrôles doivent être institués.»


Au début de la seconde guerre mondiale plusieurs nouveaux groupes firent leur apparition en Europe et ailleurs regroupant des personnes qui recherchaient une alternative éthique et démocratique à la religion. Le terme « humaniste » fut largement adopté par beaucoup mais plusieurs  humanistes n'adhéraient pas à plusieurs points clé du manifeste humaniste de 1933. De plus en plus de groupements humanistes étaient opposés au concept de l'humanisme comme une nouvelle forme de « religion.» De plus beaucoup étaient mal à l'aise avec la dénonciation du système de libre marché capitaliste et l'appel à « un système économique socialiste et coopératif.»


Ces critiques du premier manifeste résultèrent dans la publication d'autres déclarations, énoncées et manifestes. Comme le texte original la plupart de ces énoncés proviennent des États-Unis. Ceci inclut le manifeste humaniste II (publié en 1973), les affirmations de l'humanisme (1980), une déclaration d'interdépendance; une nouvelle éthique globale (1988) et le manifeste humaniste III (2003).


En 2002 l'organisation mondiale IHEU (International humanist and ethical union) célébra son 50e anniversaire en publiant la déclaration humaniste d'Amsterdam. Ce texte ainsi que les précédents ont eu le mérite de clarifier le consensus autour de la pensée humaniste et de souligner la vision globale d'un humanisme de plus en plus émergent. De plus les manifestes et autres textes que nous venons de mentionner soit rejettent ou ignorent la référence à l'humanisme « religieux », utilisant davantage le terme « vision du monde » par opposition à « religion » et affichent une neutralité entre les humanistes socialistes et capitalistes.


La plupart des déclarations reprennent les mêmes thèmes. Il est difficile de trouver des différences significatives entre par exemple, les affirmations de l'humanisme, la déclaration humaniste d'Amsterdam et le manifeste humaniste III. La seule différence notable étant la longueur du texte et le niveau de détails de chacun.

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Le sens et le but de la vie


Qu’est-ce que l’humanisme offre aux individus?

  • L’autonomie personnelle
  • Une libération de la culpabilité religieuse, de la peur et de la servitude.
  • Une appréciation de la diversité humaine
  • Une vision du monde fondée sur la science
  • Une éthique fondée sur la raison et la tolérance
  • La liberté de remettre en question les idées reçues et d'explorer de nouvelles idées
  • Un cadre pour juger des mérites de ces idées et autres affirmations
  • Une culture qui valorise la créativité, l’innovation, la tolérance et la coopération
  • Des ressources pour développer votre potentiel personnel
  • Le courage de décider de la direction de votre vie.

Homme en réflexionPlusieurs vision du monde proposent une réponse à la question du sens de la vie. Les humanistes ne sont pas différents sauf qu'ils ne sont pas persuadés que notre existence soit le fruit d'une création intentionnelle dans un dessein spécifique. En fait les humanistes n'ont aucune raison de penser que la vie résulte d'une création. Ils s'entendent avec la communauté scientifique pour dire que la vie est le résultat d'un processus évolutif sans motif transcendant ni signification surnaturelle Les humanistes ne pensent pas que la valeur de leur vie soit amoindrie par une explication scientifique de l'origine de l'espèce humaine, au contraire les humanistes y voient une occasion de donner à leur vie un sens et une signification qui leur est propre. Pour un humaniste, cette quête est bien plus satisfaisante que de suivre des objectifs existentiels définis par d'autres.


Créer notre propre but dans la vie et travailler pour y parvenir peut, en soi, donner un sens à notre vie. Mais cette recherche d'un sens peut aussi provenir du bien que l'on fait autour de soi, de nos relations avec nos proches, de la poursuite du savoir, de la satisfaction d'un travail bien fait, de la joie de l'acte de création à travers les arts, de l'influence que nous avons sur notre famille et nos amis. Ces actions peuvent donnent un sens à notre vie. On peut résumer cette attitude par cette phrase « le but de la vie est de vivre avec une raison d'être »


La psychologie nous confirme, preuves à l'appui, que le bonheur et l'estime de soi se retrouvent le plus fréquemment chez ceux qui choisissent de vivre une existence à la poursuite de buts qu'ils considèrent significatifs pour eux. Les humanistes pourraient ajouter qu'acquérir une compréhension réaliste et rationnelle des évènements et de ce que nous pouvons faire, dans les limites de nos moyens, pour s'améliorer et améliorer le monde qui nous entoure, voilà qui peut donner à un individu un sens encore plus grand de contrôle et de compréhension de sa vie.


Les humanistes croient que la vision du monde humaniste peut mener à un plus grand bonheur et une meilleure satisfaction en libérant les humains des chaînes du péché originel, du mauvais karma ou autres croyances coupables. Ils pensent que chaque individu devrait prendre la responsabilité de ses actions et chercher à atteindre une moralité exemplaire, mais sans culpabilité lorsque des circonstances hors de leur contrôle les empêchent d'atteindre leurs buts. Vivre une vie heureuse, éthique et satisfaisante ici et maintenant sans honte et sans la culpabilité du péché, voilà sur quoi l'humanisme se concentre.

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Une société ouverte

Les concepts fondamentaux de l'humanisme ont donné naissance à des buts et des positions communes parmi les humanistes. Par exemple la dimension éthique de l'humanisme veut dire que les humanistes ont à coeur de contribuer à construire une société qui permet au maximum de gens d'atteindre leur potentiel. Et par l'utilisation de la méthode scientifique les humanistes essayent d'utiliser la raison et les faits pour guider leur choix politique.


Malheureusement sur des sujets telle l'économie, le comportement humain et les relations sociales, ou les faits sont souvent complexes et contradictoires, la science et l'humanisme ne peuvent fournir des réponses adéquates. Les humanistes, par conséquent, ont un grand éventail d'opinions politiques, de socialiste à membre du parti vert, de libéraux et de modérés, de conservateur à libéraux. En fait vous trouverez des humanistes dans chacun de ces courants politiques.


Droits de l'hommeLes humanistes partagent un grand nombre de valeurs toutefois. Ils sont en faveur de la liberté et de la démocratie et des droits humains fondamentaux. Ils appuient ce que la philosophe humaniste Karl Popper a appelé « la société ouverte » (dans « la société ouverte et ses ennemis » écrit durant la seconde guerre mondiale, Popper contrastait les sociétés ouvertes libérales avec les sociétés totalitaires et fermées telles que le troisième Reich et l'union soviétique). Une société ouverte permet une diversité d'opinions, des valeurs et visions du monde différente et encourage le débat nécessaire et les compromis entre les idéaux et les intérêts de chacun. La société ouverte admet l'impossibilité de certitude sur des questions politiques et le besoin de diversité, d'interrogation libre et encourage ses membres à débattre de ces questions.


Une société ouverte requiert également que l'état soit neutre entre chacune des visions du monde et garantisse la liberté de religions et de croyances. Les humanistes par conséquent sont partisans d'une complète séparation entre l'état et les religions.


Le principe des libertés individuelles et du pluralisme social sont clairement des politiques appuyées par l'humanisme. Mais ces mêmes principes servent à délimiter les aspirations politiques des humanistes. Justement parce que l'humanisme croit que l'individu a la responsabilité de se faire ses propres idées en ce qui concerne la politique, elle encourage la diversité des opinions politiques.


L'humanisme favorise un esprit ouvert dans une société ouverte . Pour cette raison les humanistes, à tout le moins dans les démocraties libérales à l'ouest, peuvent donner l'impression de n'avoir aucun agenda politique unique. Les humanistes, ceux qui vivent dans des démocraties ouvertes, sont d'avis que les groupes humanistes devraient éviter de se mêler de politique étant donné qu'ils n'ont pas de vision politique commune. Dans un sens ils ont raison, les groupes humanistes ne devraient pas avoir de « politique officielle », mais dans un autre sens ils ont tort, parce qu'il existe certaines positions politiques sur lesquels les humanistes sont d'accord, par exemple l'appui aux droits humains, à un gouvernement laïque et à une société ouverte .


Le libre-arbitre

Ingersoll« Lorsque je devins convaincu que l'univers était naturel et que les fantômes et les démons étaient des mythes, je fus transpercé dans chaque part de mon cerveau, de mon âme, de mon sang, d'un sentiment pur, d'une joie appelée liberté. Les murs de ma prison s'effritaient et s'écroulaient. Ma cellule se remplit d'une lumière éblouissante et les boulons et les barreaux qui me retenaient se répandirent en poussières. Je n'étais plus un serviteur, un serf, un esclave. Je n'avais plus de maître dans ce monde, ni dans le reste du cosmos. J'étais libre, libre de réfléchir, d'exprimer mes idées, libre de poursuivre ma voie, libre de vivre pour moi et pour ceux que j'aimais, libre d'utiliser chacune de mes facultés, chacun de mes sens, libre d'étendre les ailes de mon imagination, libre de chercher, de deviner, de rêver et d'espérer, libre de juger... J'étais libre! Je me levai, droit et sans peur avec une joie retrouvée face au monde. » - Robert G. Ingersoll, politicien de la fin du 19e siècle et orateur connu, appelé « le grand Agnostique »

Il existe une autre valeur politique et sociale sur laquelle les humanistes s'entendent par opposition à d'autres groupes et vision du monde. Cette valeur est celle de la liberté et de l'autonomie individuelle.

Si on regarde ailleurs dans le monde on peut y constater l'existence de lois limitant la liberté sexuelle, le contrôle des naissances. Des lois qui, dans certains cas, rendent même illégal la recherche médicale pouvant potentiellement sauver des vies. Il y a aussi des lois dans plusieurs pays qui, sous peine de graves conséquences, refusent la liberté aux individus de choisir eux-mêmes le moment et la manière de leur mort.


Les humanistes sont résolument en faveur du principe de « libre-arbitre »; le droit d'un individu de définir ses propres valeurs et de mener sa vie en fonction de ceux-ci. Les croyances religieuses et des lois autoritaires restreignent toujours certaines de ces libertés et limitent le droit à l'auto-détermination. Par conséquent, plusieurs groupes et organisations humanistes, travaillent dans le sens de permettre une plus grande liberté pour les humains de contrôler leurs corps et leurs propres destinées.


(Les positions humanistes sur ces questions contemporains sont développées dans le cours Développer son potentiel sans religion - en préparation)

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Une quête ouverte

Êtes-vous un humaniste?

Si vous…

  • êtes sceptiques des appels au surnaturel

  • vous considérez non-religieux

  • pensez que cette vie est la seule que vous aurez

  • êtes convaincus que l’on peut avoir une bonne éthique sans religion

  • croyez que l'espèce humaine va progresser grâce à ses propres réalisations et non à cause d’une intervention divine, une grâce, ou une rédemption

  • croyez que la science et la raison sont des façons plus fiables d’acquérir la connaissance que la foi, la révélation, l’autorité ou une tradition

  • croyez que le sens et la signification de votre vie vous appartiennent et sont votre responsabilité

…. Alors vous êtes sans doute un(e) humaniste  

Comme cette introduction le démontre, l'humanisme propose des réponses aux grandes questions de la vie sur des bases philosophiques et fondée sur les meilleures connaissances disponibles présentement. Mais même le meilleur savoir ne peut répondre à toutes les questions!


De cette recherche continuelle émerge un humanisme qui demeure une vision du monde ouverte. Pour un humaniste il est important de garder l'esprit ouvert et d'être en constante évolution. Les humanistes n'attendent pas que la vérité unique, absolue leur soit révélée. Au contraire, ils croient que chaque opinion est faillible et au mieux provisoire et que l'interrogation libre et le débat sont essentiels au processus d'apprentissage et de développement. Il s'en suit que les humanistes attachent beaucoup d'importance à la tolérance, au pluralisme et à l'esprit critique, cette attitude est vue comme étant positive et bénéfique pour la société et non pas un mal nécessaire.


Les humanistes sont ouverts au changement ; que ce soit le changement qui provient d'une démarche personnelle, ou des changements sociaux qui résultent de l'entreprise humaine et de la créativité. En effet les efforts des humanistes pour comprendre et s'adapter au monde qui nous entoure aident aussi les individus à accepter un monde qui se transforme à un rythme toujours plus rapide.

Une des conséquences du recours des humanistes à la science et au bon sens commun signifie que beaucoup de gens sont des humanistes de facto. Des centaines de millions d'individus partout dans le monde se reconnaissent dans la philosophie humaniste qui consiste à mener une vie heureuse et productive fondée sur la raison et la tolérance.

Ces humanistes qui s'ignorent en sont venus aux mêmes conclusions sans toutefois rencontrer d'autres personnes qui pensent comme eux ou sans faire de lectures à ce sujet. Leur humanisme est le résultat de leurs propres expériences, de leurs intérêts pour les découvertes de la science, de leurs esprits critiques vis-à-vis du surnaturel et de leurs adhésions aux valeurs humaines universelles qui trouvent leurs expressions partout dans le monde. Ces gens sont surpris de découvrir que leur vision du monde s'appelle « l'humanisme » et qu'il existe des associations pour défendre et promouvoir ces principes.

Il n'est pas nécessaire de faire partie d'un groupe humaniste, ou même de connaitre l'existence d'un groupe humaniste, pour en être un soi-même. Mais les individus qui choisissent de faire partie d'une association humaniste peuvent y trouver un accueil et un sens communautaire réconfortant. Ces organisations peuvent fournir certains services qui s'accordent avec leur vision du monde , par exemple des rites de passage tel que des mariages, des funérailles, le développement d'une éducation morale et du sens critique pour des enfants. Ils offrent également des forums pour la discussion, une interaction sociale et l'occasion d'un militantisme commun sur des sujets qui importent aux humanistes. Mais plusieurs humanistes appuient ces organisations simplement parce qu'ils défendent leurs droits, font la promotion de l'humanisme et traduisent leurs principes en actions et projets qui viennent en aide aux gens et rendent la société un peu meilleure. (Voir le cours « Militantisme humaniste » (en préparation) pour explorer davantage pourquoi et comment les humanistes peuvent s'impliquer dans leur communauté)

Les humanistes s'engagent à examiner chaque aspect de la vie à travers les lunettes de l'esprit critique. Ils considèrent l'éducation et les progrès personnels comme la responsabilité de chacun et ce tout au long de leur vie. C'est dans cette optique que les textes sur ce site cherchent non seulement à expliquer l'humanisme, mais aussi à en appliquer les principes et promouvoir l'esprit critique envers chaque facette de la connaissance humaine. Nous vous encourageons donc à explorer, débattre et critiquer les idées présentées dans la série de cours proposés ici.


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Questions à choix multiples
 

Ce qui suit est un petit exercice qui sert uniquement à tester votre compréhension et à renforcer les concepts développé plus haut. Choisissez une réponse parmi les 5 proposées et cliquez ensuite sur le bouton « résultat » pour vérifier la justesse de vos réponses. Vous pouvez répéter l’exercice autant de fois que vous voulez.

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Questions à développement


Écrivez un court texte dans la boite ci-dessous pour chacune des questions et ensuite cliquez sur le bouton « réponse suggérée » pour comparer votre réponse. Si vous avez de la difficulté, relisez le texte ci-dessus.

1.    En moins de 50 mots, expliquez en quoi consiste la philosophie naturaliste


Réponse suggérée

2.    En moins de 50 mots donnez des exemples de la façon dont un humaniste pourrait donner un sens à sa vie



Réponse suggérée

Exercices de pensée critique

 

Écrivez un court texte dans la boite ci-dessous pour chacune des questions et ensuite cliquez sur le bouton « Voir la réponse» pour comparer votre réponse. Si vous avez de la difficulté, relisez le texte ci-dessus.

 

Que croyez vous qu'un humaniste répondrait à l'affirmation suivante, « les humanistes prétendent qu'il n'y a pas de dieu, ni rien de sacré, mais ils mentent. Leur dieu est la race humaine. Les humanistes s'adorent eux mêmes »

Réponse suggérée

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Leçon 1 - 2